Des élus du Congrès en panne d’éthique

Un rapport dénonce les faiblesses de parlementaires trop sensibles au lobbying des industries d’armement.

D’ordinaire, les informations du bureau d’éthique du Congrès américain restent secrètes et strictement confidentielles. S’il leur arrive d’assigner certains parlementaires en justice, les membres dudit bureau chargés d’enquêter sur l’activité des représentants, des sénateurs et de leurs puissants états-majors prêtent d’ailleurs serment de ne jamais révéler leurs enquêtes en cours, ni celles du passé. Mais ce jeudi, un rapport de 22 pages s’est brusquement retrouvé sur un réseau informatique accessible au public par la faute d’un collaborateur inattentif – voire malicieux… Levant le voile sur certaines des sulfureuses connexions qui lient souvent en Amérique le puissant pouvoir législatif aux intérêts privés et leurs non moins puissants lobbies.

On y découvre notamment que les dossiers de quelque 30 législateurs et membres de leurs équipes sont actuellement scrutés avec attention par le bureau d’éthique du Congrès pour mille et une raisons : préférence donnée par certains parlementaires à des compagnies dont leurs parents sont actionnaires ; participation à des séminaires de trois jours aux frais de compagnies privées cherchant à promouvoir leurs intérêts…

La révélation la plus intéressante concerne le très puissant sous-comité d’affectation des fonds de la défense de la Chambre des représentants, qui contrôle les dépenses du Pentagone. Sept de ses membres sont dans le collimateur des enquêteurs. Ceux-ci tentent de déterminer quelle a été la nature de leurs relations avec l’influente firme de lobbying PMA, active dans le secteur des industries d’armement.